
Emile delahaye, fondateur de la marque delahaye, au volant de sa 6CV n°42 avec laquelle il termina 10ème dans la course ParisMarseilleParis (24 septembre 3 octobre 1896) ; temps : 47 heures 23 minutes et 14 secondes à la moyenne de 17.9 km/h. |
Le classement final s'établit comme suit :
— 1er MAYADE, sur Panhard et Levassor n°6 : 1 690 km en 67 h 42 mn 58 s, soit pratiquement 25 km/h de moyenne.
— 2e MERKEL et René de KNYFF, sur Panhard et Levassor n°8,
— 3e VIET, sur tricycle De Dion ( Ier des tricycles) n°13,
— 4e D'HOSTINGUE (ayant relayé Levassor), sur Panhard et Levassor n°5,
— 5e COLLOMB, sur tricycle De Dion (2e des tricycles) n°51,
— 6e BERLET et PETIT, sur Peugeot n°46,
— 7e ARCHDEACON, sur Delahaye, n°41,
— 8e DORIOT, sur Peugeot n°44,
— 9e DELIEUVIN, sur tricycle De Dion (3e des tricycles) n°15,
— 10e DELAHAYE, sur Delahaye n°42.
Landry, sur une Landry et Beyroux construite à Lyon, se classait 13e.
On voit combien excellente était la performance des légers " tris " De Dion, dont l'homme de tête (Viet) n'était qu'à 3 h 19 mn de Mayade...
Comme en 1896, les véhicules vainqueurs furent exposés jusqu'au 11 octobre, mais cette fois au palais de l'Industrie. Deux enseignements résultaient de ce ParisMarseille.
Tout d'abord, aussi bien sur les voitures que sur les " tris ", l'allumage électrique s'était affirmé : De Dion en donnait une solution élégante, qui préfigurait littéralement l'allumage moderne par batterie, généralisé à partir de 1928 !
Delahaye était le premier constructeur à utiliser la circulation d'eau à pompe.
On notait aussi les progrès du pneumatique ; le bandage caoutchouté équipait encore les voitures lourdes, mais les "tris" étaient tous gagnés au "pneu".
La renommée des firmes françaises était désormais solidement établie; Panhard vengera la perte de Levassor, puis celle de Mayade (septembre 1897) en prenant une place prépondérante à l'exportation, notamment en GrandeBretagne. L'importateur Panhard sera un passionné dont le nom n'est certes pas inconnu du lecteur : Sir Charles Stewart Rolls.
L'automobile devient une grande chose. L'Administration s'en est déjà emparée.
L'ordonnance du 14 août 1893, signée du préfet de police Lépine, précisait déjà les termes de la réglementation. Ce texte fondamental était une sorte d'acte de naissance de l'automobile et commençait par cette phrase : " ...Considérant que la mise en circulation, dans le ressort de la préfecture de Police, d'appareils à moteur mécanique a pris une certaine extension... " On limitait à 12 km/h la vitesse maximum en ville, tandis que l'on rendait déjà obligatoire le montage de deux freins indépendants; on réglementait le bruit, et maintes autres choses ! " Si cela continue, nous aurons tous un numéro sur nos véhicules ! Où allonsnous ? " se lamentent les conducteurs recouverts de " peaux de bique ".
Où allionsnous ? Vers des techniques de plus en plus évoluées : le monocylindrique semble avoir vécu sur les voitures moyennes ; le bicylindrique, ancêtre de tous les " twins ", est roi. Déjà, on voit plus loin ; on parle de 4 cylindres : Mors propose de les disposer sous forme d'un V à 90 degrés !
Au côté de son père, Amédée Bollée fils a entrepris la fabrication de voitures à essence. Le résultat est si concluant que le baron de Turckheim, administrateur délégué de Dietrich, acquiert la licence des brevets français et étrangers de Bollée.
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